3 août 2014 – 3 août 2025 : Onze ans après le génocide yézidi, une mémoire encore vive, un combat toujours actuel

Le 3 août 2025 marque le onzième anniversaire du génocide perpétré contre le peuple yézidi par l’organisation terroriste Daech dans la région du Sinjar, au nord-ouest de l’Irak. Cette date reste gravée dans la mémoire collective des Yézidis comme le début d’une tragédie humaine d’une ampleur inédite au XXIe siècle. Onze ans après, la douleur demeure, mais avec elle grandit une exigence de vérité, de justice et de reconnaissance.
Un crime contre l’humanité
Le 3 août 2014, les combattants de Daech lancent une attaque d’une violence extrême sur le mont Sinjar et les villages alentours. En quelques jours, plus de 5 000 hommes yézidis sont massacrés. Plus de 7 000 femmes et enfants sont enlevés, réduits à l’état d’esclaves sexuels ou enrôlés de force. Les survivants trouvent refuge dans des conditions précaires sur le mont Sinjar, encerclés et sans ressources. Ce drame, reconnu comme un génocide par les Nations Unies, a été qualifié par la juriste Amal Clooney de « tentative systématique d’extermination ».
Une reconnaissance lente, mais cruciale
Malgré les preuves accablantes et les témoignages bouleversants de survivants, il aura fallu des années pour que la communauté internationale reconnaisse officiellement ce génocide. En 2016, une première résolution du Parlement européen le qualifie de génocide. Depuis, plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne ou encore les États-Unis, ont suivi.
Mais la reconnaissance ne suffit pas. Les auteurs de ces crimes doivent être jugés. À ce jour, seuls quelques procès ont été menés, notamment en Allemagne où des djihadistes ont été condamnés pour crimes contre l’humanité. Le chemin vers une justice complète reste long.
Un peuple toujours déplacé
Onze ans après, la situation humanitaire reste dramatique. Près de 200 000 Yézidis vivent encore dans des camps de déplacés en Irak, sans perspectives de retour, dans des conditions précaires, souvent oubliés des priorités internationales. La reconstruction du Sinjar, toujours en ruines, progresse trop lentement, entravée par des conflits politiques, le manque de sécurité et de moyens.
Préserver la mémoire, reconstruire l’avenir
En ce 3 août 2025, les Yézidis de la diaspora et les survivants du génocide organisent des commémorations à travers le monde. En France, l’association Franco-Yézidie Drôme Ardèche appelle à la solidarité, à la mémoire et à l’action. Car il ne s’agit pas seulement de se souvenir, mais de construire l’avenir d’un peuple dont l’existence même a été menacée.
Le combat pour la justice, la vérité et la dignité continue. Les Yézidis ont survécu à l’impensable. Il est de notre responsabilité collective de faire en sorte que leur histoire ne soit pas oubliée, que leurs droits soient respectés, et que plus jamais un peuple ne subisse une telle barbarie.
ÊzîdîPress – 3 Août 2025

















